# Le film de protection était resté sur les pads thermiques : cinq ans de surchauffe pour cette RTX 3070 Gigabyte, 15 et 30 degrés récupérés au démontage

> Une RTX 3070 Gigabyte a tourné cinq ans avec le film de protection sur les pads thermiques du VRM : -15 °C GPU et -30 °C hotspot après retrait, garantie refusée. Comment vérifier votre carte et quels recours en France.

**URL canonique** : https://www.materiel-gamer.com/le-film-de-protection-etait-reste-sur-les-pads-thermiques-cinq-ans-de-surchauffe-pour-cette-rtx-3070-gigabyte-15-et-30-degres-recuperes-au-demontage/  
**Auteur** : R3mZ  
**Publié le** : 2026-08-21  
*Dernière mise à jour : 2026-08-21*

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**Ce qu’il faut retenir :** le propriétaire d’une **GIGABYTE GeForce RTX 3070 GAMING OC rev 2.0 (LHR)** a fini par démonter sa carte après des mois d’écrans noirs, d’instabilités et de ventilateurs qui grimpaient seuls à **3 500 tr/min**. Sous le radiateur, il a découvert que **la pellicule plastique de protection n’avait jamais été retirée des pads thermiques du VRM** : elle était là depuis la sortie d’usine, il y a près de cinq ans. Après retrait du film et remise de pâte thermique, il annonce **15 °C de moins sur le GPU et 30 °C de moins sur le point chaud**. GIGABYTE lui a répondu que la carte était hors garantie et l’a renvoyé vers un réparateur local. L’affaire, repérée sur Reddit le 20 août, tombe au pire moment : jamais les joueurs n’ont eu autant de raisons de garder leur carte graphique aussi longtemps.

### Cinq ans de symptômes, zéro diagnostic

 Le récit publié par l’utilisateur *u/buczi94* sur r/pcmasterrace est d’une banalité désarmante. Sa RTX 3070 se met à planter : écrans noirs aléatoires, instabilité en jeu, et surtout un comportement de ventilation incohérent. Les ventilateurs partent à environ **3 500 tr/min** sans raison apparente, y compris avec une courbe personnalisée configurée dans MSI Afterburner — signe qu’un capteur, quelque part sur la carte, réclame du refroidissement que le logiciel de l’utilisateur ne voit pas.

 Suivent les étapes habituelles : réinstallation propre des pilotes, changement d’alimentation, tests sur une autre machine, sous-voltage. Rien n’y fait. C’est en dernier recours qu’il ouvre la carte — une carte, précise-t-il, **qui n’avait jamais été démontée auparavant**. Et il trouve, bien visible sur les photos qu’il publie, le film transparent de protection encore collé sur les pads thermiques qui doivent relier les composants d’alimentation (le VRM) au radiateur.

 Le montage n’a donc jamais fonctionné comme prévu. Les pads étaient bien là, à la bonne place, mais séparés des composants par une pellicule que l’opérateur en usine avait oublié de décoller.

### Ce que change une pellicule de quelques dizaines de microns

 On imagine volontiers qu’un film plastique aussi fin ne pèse rien face à un radiateur en aluminium. C’est exactement l’inverse qui se produit, et pour deux raisons cumulées.

#### Le film isole

 Un pad thermique de qualité conduit la chaleur de l’ordre de quelques watts par mètre-kelvin. Une pellicule de polyester ou de polyoléfine, elle, se situe autour de **0,2 W/m·K** — l’ordre de grandeur d’un isolant. Insérer cette couche entre le composant et le pad revient à ajouter une résistance thermique en série sur tout le trajet de la chaleur.

#### Le film empêche surtout le contact

 C’est le point le plus important, et il est souvent sous-estimé. Un pad thermique ne fonctionne que s’il est **comprimé** contre le composant : sa souplesse sert à épouser les irrégularités de surface et à chasser l’air. Un film glissant et rigide contrarie cette compression et laisse subsister des lames d’air microscopiques. Or l’air est l’un des pires conducteurs thermiques qui soient. Le résultat n’est pas « un peu moins bon » : sur les zones concernées, l’évacuation devient marginale.

 D’où le comportement observé. Le GPU lui-même, dont la pâte thermique était correctement appliquée, restait dans des valeurs à peu près acceptables ; ce sont les étages d’alimentation et le point chaud qui s’envolaient, déclenchant des sécurités et des rampes de ventilation que le pilote applique indépendamment de la courbe utilisateur. Nous avions déjà expliqué pourquoi [l’écart entre la température moyenne affichée et le point chaud réel est le seul indicateur qui compte vraiment](https://www.materiel-gamer.com/rtx-50-windows-affiche-68-c-la-carte-throttle-a-107-c-le-capteur-hotspot-que-nvidia-a-cache-refait-surface/) sur une carte graphique moderne.

### Les chiffres annoncés après réparation

 Après avoir retiré le film, nettoyé et réappliqué de la pâte thermique sur le GPU, l’utilisateur indique les gains suivants, confirmés selon lui par des tests de charge répétés.

| Mesure | Avant | Après | Écart annoncé |
| --- | --- | --- | --- |
| Température GPU | Référence de l’utilisateur | Après retrait du film et repâtage | Environ 15 °C de moins |
| Point chaud (hotspot) | Référence de l’utilisateur | Après retrait du film et repâtage | Environ 30 °C de moins |
| Comportement des ventilateurs | Pointes à ~3 500 tr/min sans charge cohérente | Suit à nouveau la courbe définie | Symptôme disparu |
| Écrans noirs et instabilités | Récurrents | Non reproduits après réparation | Symptôme disparu |

 Ces valeurs proviennent d’un relevé personnel, pas d’un banc de test contrôlé. Elles sont néanmoins parfaitement cohérentes avec ce que l’on mesure quand on corrige une interface thermique défaillante sur un étage d’alimentation.

### Un précédent documenté, et un banc de test cette fois-ci

 L’ordre de grandeur n’a rien d’exceptionnel : **Gamers Nexus** avait démontré la même chose en conditions contrôlées sur une **MSI RX 5700 XT Evoke OC**. Le média américain avait constaté que les pads thermiques posés en usine sur la mémoire GDDR6 faisaient **40 à 50 % de la surface nécessaire**, et étaient de surcroît décentrés au point que certains modules n’étaient pas couverts en leur milieu.

 Le correctif — une dizaine de dollars de pads correctement dimensionnés et quelques minutes de travail — avait fait passer la température mémoire de **94,8 °C à 80 °C** à vitesse de ventilation identique (1 750 tr/min, normalisée à 40 dBA), soit **près de 15 °C**, et avait aussi gagné quelques degrés sur les MOSFET (81 °C à 78,3 °C). La conclusion de Steve Burke reste la meilleure formulation du problème : l’erreur peut venir d’une usine plutôt que des ingénieurs, mais *« c’est le nom de la marque qui est sur la carte, donc c’est la marque qui en hérite la responsabilité »*.

  Ce n’est pas non plus le premier accroc de ce type chez le constructeur taïwanais : nous avions relayé en juillet le cas de [RTX 4060 GIGABYTE qui brûlaient près du port HDMI, avec un défaut de conception du VRM identifié par deux réparateurs et des garanties refusées à tort](https://www.materiel-gamer.com/des-rtx-4060-gigabyte-qui-brulent-pres-du-port-hdmi-deux-reparateurs-identifient-un-defaut-de-conception-du-vrm-et-des-garanties-refusees-a-tort/). Deux histoires différentes — l’une de conception, l’autre d’assemblage — mais un même angle mort : le client découvre le problème quand il est trop tard.

### Comment vérifier votre carte sans la démonter

 Ouvrir une carte graphique fait sauter la garantie constructeur dans la quasi-totalité des cas. Avant d’en arriver là, trois vérifications ne coûtent rien.

#### Surveiller l’écart GPU / point chaud

 Avec HWiNFO64 ou GPU-Z, relevez en charge soutenue la température « GPU » et la température « GPU Hot Spot » (ou *Junction*). Un écart de 10 à 15 °C est normal. Un écart durablement supérieur à 20 ou 25 °C signale un problème d’interface thermique : pâte sèche, montage mal serré, pad absent ou, comme ici, pad isolé.

#### Surveiller la température mémoire

 Sur les cartes qui la remontent (la plupart des GeForce RTX 3000 et suivantes, et les Radeon récentes), la *Memory Junction Temperature* ne devrait pas s’installer au-delà de 95 °C en jeu. Au-dessus, la carte réduit ses fréquences pour se protéger, et vous perdez des images par seconde sans forcément vous en apercevoir.

#### Écouter les ventilateurs

 Des rampes de ventilation qui ignorent votre courbe personnalisée sont un signal fort. Le pilote et le microcontrôleur de la carte peuvent reprendre la main sur la ventilation lorsqu’un capteur — mémoire ou VRM — dépasse un seuil interne, y compris si la température GPU affichée reste sage.

 Si ces trois indices convergent, alors seulement se pose la question du démontage. Notre [guide d’entretien du PC gamer détaille le nettoyage, le changement de pâte thermique et les pièges du remontage](https://www.materiel-gamer.com/entretenir-son-pc-gamer-en-2026-nettoyage-pate-thermique-et-filtres-le-guide-pour-recuperer-10-c/). Et rappelons que les températures ne sont pas qu’un confort : l’étude de 443 156 disques durs que nous avons décryptée cette semaine montre que [chaque degré Celsius supplémentaire pèse mesurablement sur le risque de panne](https://www.materiel-gamer.com/443-156-disques-durs-analyses-sur-12-ans-chaque-degre-celsius-en-plus-augmente-le-risque-de-panne-denviron-21-selon-une-etude-revue-par-les-pairs/).

### Garantie : ce que dit le droit français quand le défaut vient de l’usine

 GIGABYTE a répondu à l’utilisateur que sa carte était hors garantie et l’a orienté vers un réparateur local, puis vers son revendeur — avant de lui envoyer un questionnaire de satisfaction. Sur le plan commercial, c’est défendable : cinq ans, c’est au-delà de la garantie constructeur de la plupart des cartes graphiques. Sur le plan juridique français, la situation est un peu moins tranchée qu’il n’y paraît.

 Deux régimes coexistent en France, et ils ne se confondent pas.

- La garantie légale de conformité (Code de la consommation) court deux ans à compter de la délivrance du bien neuf. Elle s’exerce contre le vendeur, pas contre le fabricant. Passé ce délai, elle ne sert plus.
- La garantie des vices cachés (articles 1641 et suivants du Code civil) vise un défaut antérieur à la vente, non apparent à l’achat, et qui rend le bien impropre à son usage. Depuis quatre arrêts de chambre mixte de la Cour de cassation du 21 juillet 2023, le régime est unifié : l’action se prescrit par deux ans à compter de la découverte du vice, le tout enfermé dans un délai butoir de vingt ans à compter de la vente.

 Autrement dit, un film de protection oublié en usine est, sur le papier, le cas d’école du vice caché : il est antérieur à la vente, invisible sans démontage, et il dégrade l’usage du produit. Le point de départ du délai n’est pas l’achat, mais le jour où l’acheteur a découvert le défaut.

 Reste que la théorie et la pratique sont deux choses différentes. Il faut établir que le défaut existait bien à la vente (photos du démontage, idéalement constat par un professionnel), que le vendeur est identifiable et toujours en activité, et accepter que la valeur en jeu — une RTX 3070 de 2021 — soit sans commune mesure avec l’énergie d’une procédure. Nous ne sommes pas juristes : en cas de doute, une association de consommateurs ou un conciliateur de justice reste le premier réflexe utile. Le cas [du joueur à qui ZOTAC a fini par envoyer une RTX 5090 après quatre RTX 4090 en panne](https://www.materiel-gamer.com/quatre-rtx-4090-en-panne-et-zotac-lui-envoie-une-rtx-5090-a-4-500-garantie-30-jours-ce-que-ce-sav-hors-norme-dit-du-remplacement-des-gpu-en-2026/) montre d’ailleurs qu’un dossier bien documenté finit parfois par aboutir sans juge.

### Ce que cette histoire ne prouve pas

 La prudence s’impose sur trois points, et ils sont importants.

 **Un cas isolé n’est pas une série.** Il s’agit d’un signalement individuel, relayé par la presse spécialisée mais non vérifié indépendamment. Rien n’indique à ce stade qu’un lot entier de RTX 3070 GAMING OC soit concerné, et aucun rappel ni communication officielle n’a été publié. GIGABYTE n’a pas commenté publiquement le cas au-delà de ses échanges avec le client.

 **Les mesures ne sont pas contrôlées.** Les 15 °C et 30 °C annoncés proviennent d’un utilisateur, sans ambiante consignée, sans vitesse de ventilation fixée, sans charge normalisée. L’ordre de grandeur est crédible et documenté par ailleurs, mais ces chiffres ne valent pas relevé de laboratoire.

 **Ce n’est pas une invitation à démonter votre carte.** Ouvrir un GPU en état de marche pour « vérifier » est une mauvaise idée : vous perdez la garantie, et un remontage mal serré fait grimper le point chaud plus sûrement qu’un pad approximatif. Ne démontez que si les symptômes sont là, si la garantie est déjà expirée, et si vous êtes prêt à assumer le risque — d’autant qu’avec [les pénuries annoncées sur les cartes d’entrée de gamme au second semestre](https://www.materiel-gamer.com/encore-plus-severe-pc-partner-zotac-inno3d-manli-annonce-des-penuries-aggravees-sur-les-cartes-graphiques-dentree-de-gamme-au-2e-semestre-2026/), remplacer une carte cassée n’a jamais été aussi coûteux.

### La vraie leçon : on garde désormais sa carte trop longtemps pour ignorer ces défauts

 Il y a cinq ans, un défaut d’assemblage silencieux avait de bonnes chances de rester invisible : la carte était revendue ou remplacée avant que la dégradation ne devienne gênante. Ce n’est plus le cas. Entre la flambée des prix, les hausses successives chez NVIDIA comme chez AMD et la raréfaction des modèles abordables, la durée de détention d’une carte graphique s’allonge nettement — et dépasse largement les deux ou trois ans de garantie constructeur.

 Cela déplace la question. Un composant conçu pour être remplacé tous les trois ans mais utilisé pendant sept demande une surveillance que personne n’avait l’habitude d’exercer. Relever une fois par an l’écart GPU / point chaud, la température mémoire et le comportement des ventilateurs prend cinq minutes. C’est probablement le meilleur retour sur temps investi du moment, à défaut de pouvoir s’offrir mieux.

### Questions fréquentes

#### Comment savoir si ma carte a un problème d’interface thermique sans l’ouvrir ?

 Relevez en charge, avec HWiNFO64 ou GPU-Z, l’écart entre la température « GPU » et le « GPU Hot Spot ». Un écart stable de 10 à 15 °C est normal. Au-delà de 20 à 25 °C de façon persistante, l’interface thermique est en cause : pâte sèche, montage détendu ou pad défaillant. Surveillez aussi la température mémoire et les rampes de ventilation qui ignorent votre courbe personnalisée.

#### Retirer soi-même un film de protection oublié fait-il perdre la garantie ?

 Oui, dans la quasi-totalité des cas : le démontage d’une carte graphique fait sauter la garantie constructeur, sceau ou pas. Si votre carte est encore couverte, la bonne démarche est de documenter les symptômes par des relevés de température et d’ouvrir un dossier de retour auprès du revendeur, sans toucher aux vis.

#### Le film de protection sur les pads, est-ce fréquent ?

 Les pads thermiques sont livrés avec une pellicule sur une face ou sur les deux, qui doit être retirée à l’assemblage. Des oublis ponctuels sont signalés régulièrement sur les forums, tous constructeurs confondus, mais aucun chiffre fiable n’existe sur leur fréquence réelle. Les défauts documentés en conditions de test portent plus souvent sur des pads mal dimensionnés ou mal positionnés que sur des films oubliés.

#### Des températures élevées pendant cinq ans abîment-elles réellement une carte ?

 Oui, mais progressivement. La chaleur accélère le vieillissement des condensateurs et des étages d’alimentation, et fait dériver les caractéristiques des composants. Une carte qui a chauffé longtemps ne tombe pas en panne d’un coup : elle devient instable, plante par intermittence, puis échoue. C’est exactement la chronologie décrite ici.

#### Que faire si mon revendeur refuse un retour alors que le défaut vient de l’usine ?

 Envoyez d’abord une réclamation écrite, en recommandé, en joignant vos photos et vos relevés, et en visant explicitement la garantie légale applicable. En cas de refus, le médiateur de la consommation dont dépend le vendeur, une association de consommateurs ou un conciliateur de justice sont les recours gratuits à privilégier avant toute action contentieuse. Ces démarches ne dispensent pas d’un conseil juridique adapté à votre situation.

### Sources

- Wccftech — « GPU Suffers From Thermal Degradation Just Because GIGABYTE Forgot To Remove The Protective Film » (20 août 2026)
- VideoCardz — « Gigabyte RTX 3070 ran for five years with factory protection film left on thermal pads » (20 août 2026)
- Gamers Nexus — « Fixing MSI’s Design Flaw: Thermal Pad Swap on RX 5700 XT Evoke OC » (relevés 94,8 °C vers 80 °C)

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*Source : [Le film de protection était resté sur les pads thermiques : cinq ans de surchauffe pour cette RTX 3070 Gigabyte, 15 et 30 degrés récupérés au démontage](https://www.materiel-gamer.com/le-film-de-protection-etait-reste-sur-les-pads-thermiques-cinq-ans-de-surchauffe-pour-cette-rtx-3070-gigabyte-15-et-30-degres-recuperes-au-demontage/) — Materiel-Gamer.com*
