Depuis le lancement de la génération Blackwell chez NVIDIA et de RDNA 4 chez AMD, l’upscaling est devenu un argument commercial aussi important que la puissance brute des cartes graphiques. En 2026, DLSS 4 avec Multi Frame Generation et FSR 4 ne sont plus de simples filtres : ce sont des fonctionnalités centrales qui peuvent doubler voire tripler vos FPS dans les jeux les plus exigeants. Mais entre une technologie NVIDIA réservée à ses propres GPU et une solution AMD plus ouverte, comment trancher ? Six mois après le déploiement massif de FSR 4 et plus d’un an après l’arrivée de DLSS 4, on a maintenant assez de recul pour comparer sérieusement les deux camps.
DLSS 4 : ce que change vraiment Multi Frame Generation
DLSS 4 repose toujours sur un modèle d’intelligence artificielle, mais NVIDIA a remplacé le réseau convolutionnel utilisé depuis DLSS 2 par un Transformer, la même famille d’architectures qui propulse les grands modèles de langage. Concrètement, l’upscaling produit des images plus stables, avec moins de scintillement sur les feuillages, les grillages et les surfaces réfléchissantes. Sur Cyberpunk 2077, Alan Wake 2 ou Black Myth: Wukong, la différence saute aux yeux dès que la caméra bouge rapidement.
L’autre nouveauté centrale, c’est Multi Frame Generation. Là où DLSS 3 ajoutait une image générée entre deux images rendues, DLSS 4 peut en insérer jusqu’à trois. Sur une RTX 5080 en 4K Ultra Path Tracing, on passe de 35 à 40 fps natifs à plus de 200 fps en activant MFG x4. La technologie reste réservée à la génération RTX 50 (les Tensor Cores de cinquième génération sont indispensables), mais les nouvelles versions du SDK DLSS apportent aussi des améliorations sur RTX 40 et RTX 30 pour l’upscaling et le Ray Reconstruction.
Le revers de la médaille reste la latence : Multi Frame Generation ajoute des images interpolées qui n’augmentent pas la réactivité du jeu. NVIDIA Reflex 2 compense en grande partie ce délai, mais en compétitif pur (Counter-Strike 2, Valorant), il faut désactiver MFG pour ne pas dégrader le ressenti.
FSR 4 : AMD passe enfin à l’IA
FSR 4 marque une vraie rupture pour AMD. Les versions précédentes (FSR 2 et FSR 3) reposaient sur une approche analytique sans apprentissage automatique, ce qui leur valait des reproches récurrents sur la stabilité temporelle. Avec FSR 4, AMD adopte enfin un modèle entraîné par machine learning, exécuté via les nouveaux AI Accelerators intégrés à RDNA 4. Le résultat est spectaculaire : sur Horizon Forbidden West, Marvel’s Spider-Man 2 ou Senua’s Saga Hellblade II, le ghosting et les bordures fantômes de FSR 3 ont presque entièrement disparu.
Côté Frame Generation, FSR 4 conserve une approche par interpolation d’image classique, mais améliorée. AMD limite pour l’instant la génération à une image insérée (équivalent DLSS 3), sans option x3 ou x4 comme chez NVIDIA. C’est un choix conscient : AMD considère que la latence supplémentaire d’une multiplication d’images interpolées ne justifie pas le gain de fluidité perçu sur des écrans 240 Hz.
Surtout, FSR 4 reste théoriquement compatible avec d’autres GPU, mais avec un mode de qualité réduite sur les cartes sans matériel d’accélération IA. Sur une Radeon RX 9070 XT, on bénéficie du modèle complet. Sur une RX 7800 XT ou même une RTX 4070, on retombe sur un mode équivalent à FSR 3.1. C’est une approche pragmatique qui élargit massivement la base installée par rapport à DLSS 4.
Qualité d’image : qui l’emporte en 2026 ?
Les tests menés par les sites spécialisés depuis le lancement de FSR 4 sont assez convergents. En 4K Quality, DLSS 4 conserve une légère avance sur la stabilité fine des textures (textes en mouvement, motifs répétitifs) et surtout sur la reconstruction du ray tracing via Ray Reconstruction. FSR 4 rattrape énormément son retard sur l’aliasing temporel mais reste un cran en dessous sur les scènes très complexes en ray tracing intense.
En 1440p Quality, la différence devient beaucoup plus subtile : à l’oeil nu en jeu, peu de joueurs sauront identifier lequel est actif sans comparaison côte à côte. C’est une excellente nouvelle pour AMD qui, pour la première fois, propose une expérience visuelle vraiment compétitive face à NVIDIA.
Sur les modes Performance (resolution interne très basse, par exemple 1080p reconstruit en 4K), DLSS 4 reste devant. C’est typiquement le cas pour pousser une RTX 5070 sur du Path Tracing intégral : FSR 4 Performance montre encore quelques artefacts que DLSS 4 Performance gomme grâce à son modèle Transformer.
Compatibilité et jeux pris en charge
NVIDIA conserve un avantage très net sur le nombre de jeux supportés. Au printemps 2026, on dépasse 800 titres compatibles DLSS, dont la quasi-totalité des AAA récents intègrent DLSS 4 dès le lancement ou via un patch. Le programme DLSS Override de l’application NVIDIA App permet en plus d’imposer DLSS 4 dans les jeux qui n’avaient été conçus que pour DLSS 2 ou DLSS 3, ce qui est un atout énorme pour ressusciter le catalogue.
FSR 4 progresse rapidement avec environ 100 jeux compatibles, mais AMD mise surtout sur l’ouverture : la technologie est intégrée à FidelityFX SDK et fonctionne dans Unreal Engine 5.6 nativement. Les studios qui visent le multi-plateforme (PS5 Pro, Xbox Series X, PC) ajoutent généralement FSR 4 en complément de DLSS 4, ce qui réduit l’écart pour les joueurs AMD.
Vidéo : comparatif DLSS 4 et FSR 4 dans des jeux récents
Pour visualiser concrètement les différences en jeu, voici une analyse détaillée des deux technologies :
https://www.youtube.com/watch?v=q44P4Q5RcEU
FAQ : vos questions sur DLSS 4 et FSR 4
FSR 4 fonctionne-t-il sur ma carte NVIDIA ou ma RX 7000 ?
Partiellement. FSR 4 dans son mode pleinement accéléré nécessite RDNA 4 (RX 9070, RX 9070 XT, RX 9060 XT, RX 9060). Sur une RX 7000, une RTX 40 ou une RTX 30, vous obtenez un rendu équivalent à FSR 3.1, sans les améliorations IA. AMD a confirmé travailler sur une compatibilité plus large pour fin 2026, mais sans garantie de qualité identique.
DLSS 4 Multi Frame Generation marche-t-il sur une RTX 4080 ou 4090 ?
Non. MFG x2, x3 ou x4 est strictement limité aux RTX 50. Les RTX 40 conservent le Frame Generation classique de DLSS 3, et bénéficient des améliorations de qualité du modèle Transformer pour l’upscaling. Les RTX 30 et RTX 20 profitent aussi du nouveau modèle, mais sans aucune génération d’images.
L’upscaling dégrade-t-il vraiment la latence ?
L’upscaling pur (passage de 1080p à 4K) réduit la latence puisque le GPU rend une résolution interne plus basse. La génération d’images, elle, ajoute systématiquement quelques millisecondes. NVIDIA Reflex 2 et Radeon Anti-Lag 2 compensent largement ce délai pour le gaming solo, mais en e-sport compétitif, le mieux reste de désactiver Frame Generation et Multi Frame Generation.
Faut-il privilégier le mode Quality, Balanced ou Performance ?
En 4K, Quality reste le meilleur compromis qualité-perf sur les deux technologies. En 1440p, Quality s’impose presque toujours. Performance n’a vraiment de sens que sur les jeux avec Path Tracing ou pour les cartes d’entrée de gamme. Évitez Ultra Performance sauf pour le 8K ou les benchmarks.
Peut-on combiner DLSS 4 et FSR 4 dans un même jeu ?
Non. Ce sont des chaînes de rendu différentes et exclusives. En revanche, des outils communautaires comme OptiScaler permettent de remplacer FSR 3 par DLSS 4 sur une carte NVIDIA si le développeur n’a intégré que FSR. Cette pratique reste non officielle et peut casser le anti-triche sur certains jeux multijoueurs.
Verdict : laquelle choisir en 2026 ?
Si vous achetez aujourd’hui une carte graphique pour jouer dans les deux à trois ans, DLSS 4 reste l’argument décisif pour basculer chez NVIDIA, surtout si vous visez le ray tracing intégral ou le Path Tracing. Multi Frame Generation est une vraie révolution sur les écrans 240 Hz et 4K 120 Hz, et l’écosystème de jeux compatibles n’a pas d’équivalent. C’est particulièrement vrai si vous combinez votre GPU à un écran haut rafraîchissement.
En revanche, AMD a enfin rattrapé l’essentiel du retard avec FSR 4. Pour un joueur 1440p qui veut un excellent rapport qualité-prix, une RX 9070 XT avec FSR 4 offre une expérience visuelle parfaitement convaincante, souvent à un tarif plus doux qu’une RTX 5070 Ti équivalente. La compatibilité élargie de FSR 4 (PS5 Pro, Xbox Series X, anciennes cartes en mode dégradé) lui donne aussi un avantage écosystème non négligeable, surtout pour les joueurs multi-plateformes.
Le bon réflexe en 2026 : ne pas choisir un upscaler dans l’absolu, mais regarder quels jeux vous comptez lancer, votre résolution cible et votre budget. Les deux technologies sont désormais matures, et c’est plutôt une bonne nouvelle pour les joueurs.
Pour aller plus loin
- Page officielle NVIDIA DLSS 4
- Page officielle AMD FidelityFX Super Resolution
- Tom’s Hardware France – tests d’upscaling
- TechPowerUp – analyses d’image DLSS 4 et FSR 4
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