C’est une première dans l’histoire du PC gaming. Depuis le 17 juillet, n’importe quel joueur chinois peut acheter en boutique une carte graphique conçue de A à Z en Chine, capable de faire tourner les gros jeux du moment : la Lisuan LX 7G100 est passée du statut de curiosité de laboratoire à celui de produit commercial, vendue 2 688 yuans — environ 350 euros hors taxes. Elle ne menace pas NVIDIA demain matin : les tests la placent nettement derrière une RTX 4060. Mais l’événement dépasse largement sa fiche technique.

Une sortie en boutique à −18 % du prix Founders

Lisuan Technology avait lancé en mai une « Founders Edition » du 7G100 à 3 299 yuans (environ 460 dollars au taux du moment), écoulée en quantités confidentielles. La version retail lancée le 17 juillet, repérée par VideoCardz, est vendue 2 688 yuans, soit environ 397 dollars ou 348 euros avant taxes — 18,5 % de moins que la Founders. Le refroidisseur passe à trois ventilateurs et cinq caloducs, l’alimentation transite par un unique connecteur 12 broches, et la carte vise le circuit de distribution classique, pas seulement les fans de la première heure.

Sous le capot : TrueGPU, 6 nm et 12 Go de GDDR6

La LX 7G100 repose sur la puce 7G106 et l’architecture maison « TrueGPU » — pas une licence recyclée d’IP étrangère, ce qui la distingue des tentatives chinoises précédentes. Gravée en 6 nm, elle embarque 12 Go de GDDR6 sur bus 192 bits, affiche un TDP de 225 W, 192 unités de texture et 96 ROP, et sort l’image via quatre DisplayPort 1.4a (8K à 60 Hz, HDR, FreeSync et compression DSC au menu). Deux absences notables : le HDMI… et surtout le ray tracing, que Lisuan ne promet que pour ses prochaines générations. Sur le papier, la fiche évoque une carte de milieu de gamme d’il y a trois ou quatre ans — ce que confirment les mesures.

Ce que disent les tests : loin d’une RTX 4060, mais ça tourne

Les premiers tests indépendants, réalisés par le testeur chinois 潮玩客 (Bilibili) et relayés par Notebookcheck, donnent en 1080p : 56 ips dans Black Myth: Wukong, 57 ips dans The Witcher 3, 80 ips dans Elden Ring, 150 ips dans GTA V et 182 ips dans Dota 2. Cyberpunk 2077 atteint environ 88 ips, mais avec FSR3 en mode Qualité et génération d’images activée. Dans les jeux bien pris en charge, la carte rend environ 30 % à une RTX 4060 ou une Arc B580 ; dans les titres mal optimisés pour ses pilotes, l’écart grimpe à deux ou trois fois — GTA V tourne par exemple bien plus vite sur la concurrence. Les testeurs signalent aussi du stuttering, un frame pacing irrégulier, un panneau de pilotes quasi vide et des réglages d’overclocking qui sautent à chaque redémarrage.

Le verdict de la presse est unanime sur un point : le vrai progrès est la compatibilité. Contrairement aux GPU chinois précédents, les gros titres se lancent et fonctionnent dès la sortie, sans attendre des mois de correctifs. C’est le passage du « ça ne marche pas » au « ça marche moins bien » — une étape que beaucoup jugeaient impossible il y a deux ans.

Pourquoi c’est quand même un événement

Replaçons la carte dans son contexte : sous restrictions américaines sur les exportations de puces, la Chine finance massivement son autosuffisance en semi-conducteurs. Une carte gaming domestique fonctionnelle, produite en volume et vendue en boutique, est un jalon symbolique et industriel — le genre de première itération dont il faut suivre la pente plutôt que juger le niveau absolu. Rappelons qu’un seul fondeur, TSMC, concentre aujourd’hui l’essentiel de la gravure de pointe mondiale : toute alternative crédible, même modeste, intéresse Pékin au plus haut point. Pour les joueurs, un troisième — ou quatrième, avec Intel — acteur du GPU serait à terme une excellente nouvelle dans un marché où la pénurie de composants dicte les prix. Mais le chemin est long : à ~397 dollars, la 7G100 coûte quasiment le prix d’une RTX 5060 Ti pour des performances de RTX 3060.

Et pour nous, joueurs français ?

Soyons clairs : la LX 7G100 n’est pas distribuée en Europe, et un import (taxes et transport compris) n’aurait aucun sens économique face à son rapport performances/prix. L’ironie du calendrier n’échappera à personne : la même semaine, Palit relançait la RTX 3060 12 Go GDDR6 à ~329 dollars — une carte de 2021 qui offre peu ou prou les performances que la Chine vient d’atteindre, moins cher, pilotes matures inclus. La 7G100 n’est donc pas un achat, c’est un signal. Si l’architecture TrueGPU tient ses promesses de génération en génération — ray tracing annoncé, pilotes qui mûrissent — le paysage GPU de la fin de décennie pourrait compter un acteur de plus. En attendant, pour choisir une carte réellement disponible ici, notre guide en 5 étapes et notre dossier VRAM 2026 restent vos meilleurs alliés.

FAQ — Lisuan LX 7G100 : ce qu’il faut savoir

Qu’est-ce que la Lisuan LX 7G100 ?

C’est la première carte graphique gaming conçue intégralement en Chine (architecture maison TrueGPU, puce 7G106 gravée en 6 nm) à être vendue au détail, depuis le 17 juillet 2026, à 2 688 yuans (~350 € hors taxes). Elle embarque 12 Go de GDDR6 sur bus 192 bits pour un TDP de 225 W.

Quelles sont ses performances en jeu ?

En 1080p : environ 56 ips dans Black Myth: Wukong, 80 ips dans Elden Ring, 150 ips dans GTA V selon les tests du testeur 潮玩客. Soit environ 30 % de moins qu’une RTX 4060 dans les jeux bien pris en charge, et deux à trois fois moins dans les titres mal optimisés.

La LX 7G100 gère-t-elle le ray tracing ?

Non. Le ray tracing matériel est absent de cette génération ; Lisuan annonce son arrivée sur les prochaines architectures. Le DLSS n’existe évidemment pas, mais la carte s’appuie sur FSR3 d’AMD, y compris la génération d’images.

Peut-on l’acheter en France ?

Non, elle n’est vendue qu’en Chine. Et même en import, son rapport performances/prix serait très défavorable : une RTX 3060 12 Go relancée par Palit (~329 $) ou une RTX 4060 font mieux pour moins cher, avec des pilotes éprouvés.

Pourquoi cette carte fait-elle autant parler ?

Parce qu’elle prouve qu’un GPU gaming 100 % chinois compatible avec les gros jeux actuels est désormais possible, dans un contexte de restrictions américaines sur les semi-conducteurs. C’est moins le produit que la trajectoire industrielle qu’il annonce qui compte.

Sources : VideoCardz, Notebookcheck, TechSpot, Tom’s Hardware, Wccftech ; tests de 潮玩客 (Bilibili). Prix chinois convertis à titre indicatif au 18 juillet 2026, hors taxes et frais d’import.

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