Le 8 septembre 2026, le laboratoire brésilien TecLab a diffusé en direct pendant une heure et huit minutes une GeForce RTX 5090 alimentée par trois connecteurs PCIe 8 broches ordinaires, à la place des deux connecteurs 16 broches 12V-2×6 qu’elle porte d’origine. La carte, une Galax RTX 5090D HOF OC LAB XOC réduite à son circuit imprimé nu et refroidie par un bloc à eau, a été poussée par paliers de 400 à 900 W, à 3 400 MHz, avec des câbles mesurés autour de 35 degrés. Le laboratoire a ensuite débranché un connecteur, puis un second : à deux câbles, la carte tenait 66 A et plus de 3 200 MHz ; à un seul, 65 A et 3 100 MHz, sans rien faire fondre. La presse spécialisée, de PC Gamer à Tom’s Hardware, l’a relayée en deux jours. Nous avons lu les cinq relais, et nous avons refait les calculs, parce que le chiffre le plus repris, « 120 A », ne peut pas décrire ce que les câbles ont transporté.

Le contexte, c’est le nôtre depuis dix-huit mois. Un premier connecteur 12V-2×6 a fondu pendant une session NBA 2K27 sous DLSS 5, sur une RTX 5090 tenue à 610 W en continu, et cette histoire de connecteur a produit des coupures thermiques d’usine chez Corsair et ASUS, une application gratuite qui éteint le PC quand une broche dépasse 9,5 A, et un connecteur par la carte mère chez ASUS. La démonstration de TecLab arrive là-dedans avec une question simple : et si le problème n’était pas la puissance, mais le connecteur ?

Ce que TecLab a fait, étape par étape

La carte de départ est une Galax GeForce RTX 5090D HOF OC LAB XOC, une carte d’overclocking extrême conçue pour le marché chinois, avec deux connecteurs 16 broches et un étage d’alimentation surdimensionné. TecLab l’a démontée jusqu’au PCB, dessoudé les deux 12V-2×6, et installé au dos de la carte trois connecteurs 8 broches Mini-Fit Jr., le format standard des câbles PCIe depuis 2007. D’après PC Gamer, les connecteurs sont fixés par des « plaques de cuivre, coupées à la main », et reliés à l’étage d’alimentation en face avant par 24 câbles de forte section, trois jeux de huit. Wccftech précise que les broches de détection Sense 0 et Sense 1 ont été reliées entre elles pour que la carte accepte sa puissance maximale, et que de premiers essais avaient utilisé des connecteurs XT90, des prises de modélisme données pour 90 A chacune, avant de passer aux 8 broches ordinaires pour la démonstration publique. Le refroidissement est un bloc à eau sur le GPU. Selon Tom’s Hardware, « le mod se limite au matériel, sans aucune modification logicielle ou de BIOS ».

Le protocole de la diffusion est ensuite une montée en puissance. Tom’s Hardware décrit un départ à 400 W et une montée « jusqu’à 900 W » sur les trois câbles, avec surveillance des tensions et des températures, et des fréquences « jusqu’à 3 400 MHz ». Club386 et Wccftech rapportent des câbles « qui ont à peine dépassé 35 degrés » pendant « plus d’une heure » à ce régime. PC Gamer, qui a traduit les commentaires en direct, cite les modeurs : « Ça chauffe. C’est encore plus froid qu’un connecteur 12VHPWR. C’est plus froid que le connecteur d’origine, les gars. Où est NVIDIA ? Appelez NVIDIA, les gars. »

Puis vient la partie la plus intéressante : la réduction. Avec le troisième connecteur retiré, la carte a continué à fonctionner à 66 A et « plus de 3 200 MHz » selon Tom’s Hardware et Club386 ; PC Gamer relève un passage à plus de 3 300 MHz dans le test Port Royal de 3DMark avec deux câbles seulement ; Wccftech mesure les câbles « sous 25 degrés » à l’infrarouge dans cette configuration. Avec un seul connecteur, la carte a tenu 65 A entre 3,1 et 3,2 GHz. C’est sur la température de ce câble unique que les relais divergent, et nous y revenons plus bas.

900 W, ce n’est pas 120 A : l’arithmétique des câbles

Plusieurs relais écrivent que la carte « a tiré plus de 120 A » à 3 400 MHz. Ce chiffre ne peut pas être le courant qui traverse les trois connecteurs. Une carte graphique est alimentée en 12 V : 900 W divisés par 12 V font 75 A. C’est exactement ce que décrit Wccftech quand il détaille le câblage final, « neuf lignes +12 V, chacune portant un courant de 8 à 8,5 A », soit 72 à 76 A au total. Le « 120 A » affiché à l’écran pendant la diffusion est très probablement un courant lu ailleurs sur la carte, par exemple en sortie de l’étage d’alimentation vers le GPU, où la tension est proche de 1 V et le courant beaucoup plus élevé pour la même puissance ; nous ne l’avons pas identifié avec certitude dans la diffusion, et nous ne le reprenons pas comme courant de câble.

Une fois ramené à 75 A, le tableau devient lisible. Un connecteur 8 broches PCIe comporte trois broches +12 V, trois masses et deux broches de détection. Sa spécification est de 150 W, soit 12,5 A, soit 4,2 A par broche +12 V. Trois connecteurs au spec, c’est 450 W. TecLab en a fait passer le double, 900 W, soit 25 A par connecteur et 8,3 A par broche, et les câbles sont restés autour de 35 degrés. Sur un seul connecteur, 65 A, c’est 780 W et 21,7 A par broche, cinq fois le spec.

Comparez maintenant avec le 12V-2×6. Il comporte six broches +12 V pour 600 W, soit 50 A, soit 8,3 A par broche, avec des contacts donnés par leurs fabricants pour 9,2 à 9,5 A. La marge entre l’usage nominal et la limite du contact est d’environ 10 %. C’est ce que le seuil de coupure d’ASUS à 12,5 A par broche et celui de 12VHPWR Guard à 9,5 A surveillent, et c’est pourquoi une broche qui prend la charge de deux autres mal insérées fond. Le 8 broches, à 4,2 A par broche au spec pour des contacts Mini-Fit Jr. couramment donnés à 8 ou 9 A et jusqu’à 13 A en version haute densité de courant, a une marge de deux à trois fois. Ce que TecLab a montré n’est pas que le 8 broches est magique : c’est que sa marge est réelle, et que la marge du 12V-2×6 ne l’est pas. Les deux connecteurs ont été poussés à 8,3 A par broche dans cette histoire ; l’un était à son spec, l’autre au double.

Le câble unique : 65 degrés ou 92 degrés ?

Sur la configuration à un seul connecteur, 65 A, les relais ne disent pas la même chose. Wccftech écrit que « le connecteur unique tournait autour de 45 degrés en stress, la température la plus élevée sur le câble atteignant environ 65 degrés ». Club386 retient « des températures de câble culminant à 65 degrés, plus chaud ». PC Gamer, lui, écrit que « ce câble unique atteint 91 à 92 degrés », tout en notant qu’il n’y a « toujours aucune fonte à voir ». La différence n’est pas un détail : 65 degrés est le seuil de coupure que Corsair a choisi pour ses câbles 12V-2×6, et 92 degrés est la zone où le plastique d’un Mini-Fit Jr. commence à s’assouplir.

Nous n’avons pas tranché. La diffusion dure 68 minutes, en portugais, avec plusieurs instruments à l’écran, et il est possible que les deux valeurs soient vraies à des moments différents, ou qu’elles décrivent des points de mesure différents, le câble et le boîtier du connecteur par exemple. Ce que les trois relais confirment, c’est que même la valeur la plus élevée n’a rien fait fondre en un seul câble à cinq fois son spec, et que la configuration à trois câbles, la seule qui ressemble à un produit, est restée sous 40 degrés. Une carte de 575 W sur trois 8 broches serait à 16 A par connecteur et 5,3 A par broche, à peine au-dessus du spec.

Pourquoi NVIDIA ne reviendra pas au 8 broches, et pourquoi la question reste posée

Le 12V-2×6 existe pour une raison que TecLab illustre malgré lui : une RTX 5090 à 575 W au spec du 8 broches, c’est quatre connecteurs, quatre câbles, et une bande de PCB que les cartes Founders Edition, très compactes, n’ont pas. NVIDIA a conçu le 12VHPWR avec PCI-SIG précisément pour livrer 600 W sur une seule prise, et l’écosystème a suivi : les alimentations ATX 3.1 sortent le 12V-2×6 en natif, les adaptateurs 3x et 4x 8 broches vers 16 broches sont fournis dans les boîtes, et notre guide des alimentations pour 2026 ne peut plus l’ignorer. PC Gamer note pourtant, avec une RX 9070 XT à trois 8 broches sur son bureau, que « ça ne semble pas exagéré », et Tom’s Hardware conclut que les fabricants « pourraient vouloir reconsidérer le 8 broches éprouvé ». Le fait est que les cartes AMD haut de gamme continuent, pour la plupart, à l’utiliser.

La démonstration a aussi ses limites, que TecLab ne cache pas. C’est une carte, un laboratoire, une diffusion. Les connecteurs sont soudés directement, pas montés sur un PCB de série avec ses contraintes de fabrication. La carte est sous eau, ce qui n’affecte pas la température des câbles mais élimine le facteur de l’air chaud de la carte sur le connecteur. Et les 8 broches ont été poussés à des courants qu’aucun constructeur ne validerait : la démonstration prouve une marge, elle ne définit pas un produit. PC Gamer le résume ainsi : « ne faites pas ça chez vous ».

Ce que cela change pour un propriétaire de RTX 50

Rien, techniquement, et beaucoup, sur la lecture. Rien, parce que le connecteur d’une carte du commerce ne se change pas, et que le seul geste utile reste celui que nous répétons depuis le premier incident : un câble natif 12V-2×6 ou l’adaptateur fourni, enfoncé jusqu’au clic, sans coude serré à la sortie, et une carte dont la puissance n’est pas relevée au-delà de ce que le fabricant a validé. Les échanges de garantie sur les cartes de ce prix ne sont pas une hypothèse confortable.

Beaucoup, parce que la démonstration déplace le débat. Depuis 2022, la réponse aux connecteurs fondus a été de surveiller le 12V-2×6 : capteurs par broche, coupures thermiques, applications, connecteur par la carte mère. TecLab montre qu’un connecteur de 2007, pris hors de son spec, encaisse le double de ce qu’on lui demande sans surveillance. La question n’est plus « comment protéger le 16 broches » mais « pourquoi le 16 broches a-t-il été spécifié sans marge ». Elle est adressée à PCI-SIG et à NVIDIA, et à la date de cet article, ni l’un ni l’autre n’a commenté.

Ce que cet article n’établit pas

Cet article repose sur une diffusion en direct d’un laboratoire indépendant et sur cinq relais de presse qui l’ont regardée ; nous n’avons pas relevé chaque valeur des 68 minutes nous-mêmes, et nous signalons les points où les relais divergent. La carte est une Galax RTX 5090D HOF, un modèle d’overclocking extrême, pas une carte de série ; les courants et les températures obtenus ne se transposent pas à une autre carte ni à un autre câblage. Les valeurs de tenue par broche que nous citons pour les contacts Mini-Fit Jr. et 12V-2×6 sont celles des fabricants de connecteurs, et dépendent du calibre du câble, de la température ambiante et du nombre de cycles d’insertion. Cet article ne compare pas de cartes graphiques entre elles et ne recommande aucun modèle ni aucune modification ; il documente une démonstration et en refait l’arithmétique. Si NVIDIA, PCI-SIG ou TecLab publient des précisions, nous mettrons cet article à jour.

Questions fréquentes

Une RTX 5090 peut-elle vraiment fonctionner sur des connecteurs 8 broches ?

Oui, TecLab l’a montré le 8 septembre 2026 sur une Galax RTX 5090D HOF modifiée : trois 8 broches soudés au dos du PCB ont alimenté la carte jusqu’à 900 W et 3 400 MHz, puis deux, puis un seul à 65 A. C’est une modification irréversible réalisée en laboratoire, pas quelque chose qu’un utilisateur peut faire sur sa carte.

Combien de courant passe dans les câbles à 900 W ?

Environ 75 A au total, puisqu’une carte graphique est alimentée en 12 V, soit 25 A par connecteur et 8,3 A par broche +12 V. Le chiffre de « 120 A » repris par plusieurs sites ne peut pas être le courant des câbles à cette puissance ; Wccftech décrit d’ailleurs neuf lignes +12 V à 8-8,5 A chacune.

Pourquoi le connecteur 8 broches tient-il mieux que le 16 broches ?

Par sa marge. Le 8 broches est spécifié à 150 W, soit 4,2 A par broche, pour des contacts donnés à 8 ou 9 A et plus. Le 12V-2×6 est spécifié à 600 W, soit 8,3 A par broche, pour des contacts donnés à 9,2-9,5 A. Le premier travaille à la moitié de sa limite, le second à 90 %.

Faut-il s’inquiéter pour sa propre carte RTX 50 ?

La démonstration ne change rien à l’usage d’une carte de série. Les recommandations restent les mêmes : câble natif ou adaptateur fourni, connecteur enfoncé à fond, pas de coude serré, pas de relèvement de la limite de puissance. Les coupures thermiques intégrées chez certains fabricants d’alimentations et de cartes existent pour cette raison.

NVIDIA va-t-il revenir au 8 broches ?

Rien ne l’indique. Le 12V-2×6 permet 600 W sur une seule prise, ce que les cartes compactes comme les Founders Edition exigent, et tout l’écosystème ATX 3.1 est construit autour. Ni NVIDIA ni PCI-SIG n’ont réagi à la démonstration à la date de cet article. Les cartes AMD haut de gamme, elles, utilisent encore majoritairement des 8 broches.

Sources : TecLab, diffusion en direct « Lançamento da RTX 5090 com conectores de oito pinos! », 8 septembre 2026, et « Derretendo uma RTX 5090 ao vivo! », 28 août 2026, vidéos vérifiées le 11 septembre 2026 ; PC Gamer, Jacob Fox, « Meltgate be damned, modders discover RTX 5090 can use 8-pin connectors after all », 9 septembre 2026 ; Club386, « Nvidia GeForce RTX 5090 doesn’t need a 16-pin cable », 9 septembre 2026 ; Wccftech, « Teclab proves old 8-pin connectors can handle the load just fine », 9 septembre 2026 ; Tom’s Hardware, Kunal Khullar, « Modded RTX 5090 ditches 16-pin power for triple 8-pin connectors », 10 septembre 2026 ; TechSpot, Fudzilla, Aroged, 9 septembre 2026 ; nos articles sur le connecteur fondu sous DLSS 5, sur les garde-fous Corsair et ASUS, sur 12VHPWR Guard, sur le connecteur GC-HPWR, sur le guide des alimentations 2026 et sur le SAV ZOTAC.

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