Cette fois, la hausse ne se limite plus au haut de gamme. Selon le média taïwanais BenchLife, généralement bien informé sur la chaîne d’approvisionnement, NVIDIA a envoyé à ses partenaires fabricants de cartes (les AIB : ASUS, MSI, Gigabyte, Zotac, Palit et les autres) une notification d’augmentation du prix de ses « kits » GPU + mémoire. La nouveauté, c’est le périmètre : la hausse concerne à la fois les kits GDDR7 des GeForce RTX 50 en architecture Blackwell et les produits GeForce encore fabriqués en GDDR6, c’est-à-dire les cartes des générations précédentes toujours au catalogue. Autrement dit, le segment budget et milieu de gamme, jusqu’ici relativement à l’abri de la flambée de la mémoire, est désormais visé directement.
L’information, rapportée par Wccftech le 23 juillet à partir du rapport de BenchLife, a depuis été reprise par TechPowerUp, VideoCardz, Guru3D et d’autres médias spécialisés entre le 23 et le 25 juillet. NVIDIA n’a pas confirmé officiellement — il faut donc traiter l’ampleur exacte de la hausse avec prudence. Mais le mécanisme, lui, est bien documenté : NVIDIA vend à ses partenaires des ensembles indissociables comprenant la puce graphique et les modules de VRAM, et quand le prix du kit monte, les AIB n’ont d’autre choix que de répercuter la différence sur le prix final de la carte.
Pourquoi la GDDR6 augmente aussi — et pourquoi c’est le vrai signal
Jusqu’ici, la crise de la mémoire frappait surtout le neuf haut de gamme : la GDDR7 des RTX 50, dont les modules 3 Go se négocient environ trois fois plus cher que les modules 2 Go, au point que NVIDIA a gelé le lancement des RTX 50 SUPER alors que les cartes sont prêtes chez les fabricants. La GDDR6, mémoire mature produite depuis 2018, semblait un refuge.
Ce refuge se referme. Les trois grands fabricants de DRAM — Samsung, SK Hynix, Micron — réallouent massivement leurs capacités vers la HBM destinée aux accélérateurs IA, et la production de mémoire graphique « classique » se raréfie mécaniquement. C’est la même logique qui a conduit le PDG de SK Hynix à prévoir un pic de pénurie en 2027. Or la GDDR6 équipe précisément les cartes les plus vendues : les RTX 3060 et 4060 encore en production — Palit vient de relancer une RTX 3060 « neuve » à environ 329 $ justement pour occuper ce segment — ainsi que l’entrée de gamme Blackwell. Si le kit GDDR6 augmente, c’est le plancher de tout le marché qui remonte.
Un contexte déjà tendu : +20 à 30 % en boutique, et des coûts qui montent partout
Cette notification arrive sur un marché déjà éprouvé. Les hausses successives depuis le printemps ont renchéri les cartes de 20 à 30 % selon la presse spécialisée, Zotac étant le dernier AIB en date à avoir relevé ses tarifs sur les RTX 50. Et la mémoire n’est pas seule en cause : d’après le même rapport, les fabricants voient aussi grimper le prix des radiateurs, des PCB, de l’étage d’alimentation, de l’emballage et de la logistique. Chaque maillon de la chaîne renchérit en même temps.
Nous avons détaillé les mécanismes de cette flambée dans notre analyse pourquoi les prix des cartes graphiques explosent en 2026 — et le phénomène dépasse les GPU : Valve elle-même confirme que la crise de la RAM va durer et que les prix en magasin ont trois à six mois de retard sur la réalité des coûts. Traduction : ce que vous voyez aujourd’hui sur les étiquettes reflète les contrats d’hier, pas la hausse annoncée cette semaine.
Cette vidéo récente résume bien la trajectoire des prix GPU attendue pour la suite de l’année :
Ce que ça change concrètement pour votre prochain achat
Le calendrier de répercussion habituel est de quelques semaines entre une hausse des kits et son arrivée en rayon. Trois conséquences pratiques :
Le stock actuel au prix affiché est probablement votre meilleure fenêtre. Si vous avez repéré une carte à un tarif encore raisonnable — y compris une génération précédente en GDDR6 —, la probabilité qu’elle soit moins chère à la rentrée vient encore de baisser. Notre stratégie d’upgrade de juillet 2026 reste d’actualité : acheter maintenant ce qui est critique, reporter ce qui peut l’être.
Le marché de l’occasion va suivre. Quand le neuf monte, l’occasion monte avec un temps de retard. Les bonnes affaires en seconde main risquent de se raréfier à mesure que la hausse du neuf se matérialise.
Dimensionnez la VRAM au plus juste. Payer la mémoire au prix fort rend d’autant plus important de ne pas surpayer des gigaoctets inutiles pour votre définition : notre guide combien de VRAM faut-il vraiment en 2026 vous aide à trancher entre 8, 12 et 16 Go.
Pour un point chiffré poste par poste (GPU, RAM, SSD), ce suivi mensuel des prix donne une bonne base de comparaison — il date de juin, avant la hausse annoncée ici, ce qui permet justement de mesurer le chemin parcouru :
Et AMD dans tout ça ?
AMD n’échappe pas à la mécanique : les Radeon utilisent la même GDDR6 (et de la GDDR7 sur les modèles récents), achetée aux mêmes fournisseurs. La presse spécialisée rapporte d’ailleurs que les deux constructeurs ont déjà ajusté leurs tarifs plusieurs fois cette année. Une hausse des kits NVIDIA sans équivalent chez AMD serait une opportunité concurrentielle — mais rien n’indique à ce stade que les rouges soient épargnés par leurs propres coûts mémoire. À surveiller dans les prochaines semaines, notamment du côté des nouveaux entrants chinois qui comme Intel avec ses Arc pourraient jouer les trouble-fête sur le segment abordable.
Ce qu’on surveille maintenant
Quatre dossiers à suivre : une éventuelle confirmation (ou démenti) officielle de NVIDIA ; l’ampleur réelle de la répercussion en boutique en Europe, TVA comprise ; la décision finale sur le prix des RTX 50 SUPER, toujours gelées à cause du surcoût des modules GDDR7 3 Go ; et la réaction d’AMD sur ses propres kits. Nous mettrons cet article en perspective dès que des chiffres précis de hausse seront disponibles.
FAQ — Hausse des kits GDDR6 et GDDR7 NVIDIA
Pourquoi NVIDIA augmente-t-il encore ses prix ?
Parce que le prix de la mémoire graphique flambe : les fabricants de DRAM réservent leurs capacités à la HBM pour l’IA, ce qui raréfie la GDDR6 et la GDDR7. NVIDIA, qui vend GPU et VRAM en kit indissociable à ses partenaires, répercute ses propres coûts d’approvisionnement. S’y ajoutent des hausses sur les radiateurs, PCB et emballages.
Quelles cartes sont concernées cette fois ?
Selon BenchLife, l’ensemble des GeForce encore produites : les RTX 50 en GDDR7, mais aussi — et c’est la nouveauté — les modèles en GDDR6 des générations précédentes toujours au catalogue, qui constituent l’essentiel de l’entrée et du milieu de gamme.
De combien les prix vont-ils augmenter en boutique ?
Aucun chiffre officiel n’a filtré pour cette vague précise. Pour référence, les hausses cumulées depuis le début de l’année ont déjà renchéri les cartes de 20 à 30 % selon la presse spécialisée, et la répercussion d’une hausse de kits prend généralement quelques semaines.
Faut-il acheter sa carte graphique maintenant ou attendre ?
Si votre besoin est réel et qu’une carte correspond à votre budget au prix actuel, attendre a statistiquement peu de chances de payer : toutes les tendances de coûts pointent vers le haut au moins jusqu’en 2027 selon les acteurs de la mémoire. Si votre carte actuelle tient encore, reporter reste défendable — mais en connaissance de cause.
Les RTX 50 SUPER vont-elles finir par sortir ?
Les cartes existent et sont prêtes chez les fabricants, mais NVIDIA a suspendu le lancement à cause du prix des modules GDDR7 3 Go, environ trois fois celui des modules 2 Go. Cette nouvelle hausse des kits ne va pas faciliter l’équation tarifaire ; aucun calendrier officiel n’a été communiqué.
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